[@VaisseauMonde] fichier : transmission

Edgerunners 2 : ce qu'il faut savoir avant Night City

Un homme au bras et à la nuque cybernétiques, de dos, regarde un écran géant sous la pluie dans une rue de Night City baignée de néons violets et cyan

Une ville qui existe même quand on a éteint l’écran.


Chers voisins du Vaisseau,

Demain, 20 octobre, Netflix met en ligne Cyberpunk: Edgerunners 2. Dix épisodes d’animation, une ville saturée de néons, de métal greffé sur la chair et de multinationales qui décident qui vit ou qui meurt.

Je ne l’ai pas encore vu. Mais avant d’en parler, je dois vous présenter Night City, parce que c’est elle la vraie héroïne. Et parce que je l’ai déjà traversée.


UN MONDE QUI M’A SAISI

J’ai joué à Cyberpunk 2077 en 2025, bien après sa sortie, juste après avoir terminé Red Dead Redemption 2. Et j’ai été choqué.

Red Dead Redemption 2, c’est l’un des mondes les plus aboutis que j’aie jamais traversés. Alors je ne m’attendais pas à ressentir la même chose si vite. Pourtant, je me souviens m’être fait la réflexion, manette en main : cet univers-là est dingue. Un monde cohérent, dense, qui semble exister avec ou sans moi.

Un détail m’a fait vérifier mes souvenirs. Contrairement à ce que je croyais, Cyberpunk 2077 est sorti après Red Dead (fin 2020, contre 2018). Mais son univers, lui, est bien plus ancien : Cyberpunk est d’abord un jeu de rôle sur table, créé à la fin des années 1980 par l’auteur américain Mike Pondsmith. Le jeu vidéo, développé par le studio polonais CD Projekt Red, est l’aboutissement de plusieurs décennies de monde construit.

Et c’est ça qui m’a frappé. Pas une histoire. Un monde.


NIGHT CITY, UN VAISSEAU-MONDE

Sur ce blog, on appelle ça un Vaisseau-Monde : un univers fermé, cohérent, vivant, qu’on peut habiter plus que traverser. Night City en est un.

C’est une métropole californienne autonome, dominée par des méga-corporations et un gouvernement municipal corrompu. Les deux plus puissantes, Arasaka et Militech, se font une guerre éternelle. Dans cette ville :

  • on remplace ses bras, ses yeux ou ses nerfs par des implants (le cyberware), comme on changerait de téléphone ;
  • on s’évade avec la braindance, des enregistrements d’expériences vécues que l’on revit directement dans son cerveau ;
  • les soins, l’éducation et la survie dépendent de l’argent.

Comme sur un vaisseau, les règles ne changent pas selon les besoins du scénario. La technologie est normalisée : personne n’est surpris par un bras chromé, comme personne dans Pokémon ne s’étonne qu’un monstre tienne dans une balle. C’est la marque d’un bon worldbuilding.

Et comme un vaisseau, Night City est un monde clos sur lui-même : six grands districts, chacun contrôlé par des multinationales, et une ville qui continue de tourner que vous soyez là ou non.


ET LA SÉRIE ?

En 2022, CD Projekt Red s’associe au studio japonais Trigger pour une première série : Cyberpunk: Edgerunners, dix épisodes sur Netflix. Elle utilise même des chansons issues des radios du jeu.

(Spoilers sur la première série, passez au paragraphe suivant si vous voulez la découvrir.)

On suit David Martinez, un jeune élève de l’académie Arasaka, issu d’un milieu modeste. Sa mère, Gloria, meurt après avoir été blessée par balle : la famille n’avait pas de quoi payer les soins d’urgence. David se fait alors poser un implant militaire, le Sandevistan, qui accélère son corps. Il rejoint l’équipe d’« edgerunners » (des mercenaires de la ville) de Maine, et rencontre Lucy, une netrunner qui rêve d’aller sur la Lune.

Le grand thème de la série est la cyberpsychose : un effondrement mental causé par un excès d’implants. Plus on se transforme en machine, plus on perd ce qui faisait de nous quelqu’un. Maine y succombe, David court vers la même pente.

La série a été très bien accueillie : 16 critiques sur 16 positives sur Rotten Tomatoes, un classement dans le top 10 de Netflix, et un effet qui aurait relancé les ventes du jeu Cyberpunk 2077.


LA SAISON 2

C’est une suite indépendante. Elle ne reprend pas l’histoire de David et Lucy. Les créateurs avaient annoncé dès 2022 qu’une éventuelle suite serait « quelque chose de différent ». Elle se déroule dans la même ville, avec de nouveaux personnages :

  • Roman Carax, un jeune cinéphile qui préfère filmer les horreurs de la ville avec un caméscope plutôt que de les vivre en braindance ;
  • Talia Yang, une adolescente qui a remplacé une grande partie de son corps par des implants et qui est traquée par le gang Maelstrom ;
  • Weak Kingsley, un ancien edgerunner, jadis connu sous le nom de « King », qui vit dans l’ombre de sa gloire passée. La mère de Talia, son ancienne amante, lui demande de la protéger ;
  • D, un nomade netrunner qui cherche à venger la mort de son clan.

L’équipe est en grande partie la même que pour la première série : le studio Trigger, le scénariste Bartosz Sztybor (aussi showrunner) et Masahiko Otsuka. La réalisation est de Kai Ikarashi. La musique est de Tsuneo Imahori, connu pour Trigun. Le générique de début est « 10:15 Saturday Night » de The Cure.


POURQUOI ÇA RÉSONNE ICI

Même si on est très loin de Night City, cette série pose une question qui nous concerne tous :

À partir de quand ce qu’on s’est greffé prend-il notre place ?

Sur le Vaisseau-Monde, on vit avec des systèmes qui pensent, soignent et décident à notre place, comme BlackCrow OS. Night City pousse la logique à l’extrême : tout se vend, y compris le corps, et ceux qui n’ont pas d’argent doivent « s’améliorer » pour survivre. La cyberpsychose en est la facture.

Dans nos archives, on parle beaucoup d’intelligences qui veulent ressembler aux humains. Ici, c’est l’inverse : des humains qui se transforment en machines pour rester dans la course. Je trouve ça passionnant de regarder les deux mouvements côte à côte.


LE MOT DE LA FIN

Edgerunners 2 sort demain sur Netflix. Un nouveau casting, une nouvelle histoire, et un monde qui fait toujours aussi envie ou aussi peur, selon l’humeur.

Si vous n’avez jamais vu la saison 1, c’est la meilleure porte d’entrée : dix épisodes, une histoire complète, et la saison 2 ne la prolonge pas directement.

Je vous raconterai la suite quand je l’aurai vue.

Et vous ? Quel a été votre dernier choc devant un monde de fiction, un jeu, un film ou un livre qui vous a fait dire « là, on parle d’un vrai monde » ? Dites-le-moi dans les commentaires.

QLVVP, chers voisins. 🖤🦇

Commentaires

Les passagers ont aussi lu

  1. ANDOR : QUAND DÉBRANCHER QUELQU'UN EST UN ACTE D'AMOUR
  2. ANDOR : QUAND DISNEY MET DES CLAQUES INTERGALACTIQUES
  3. DE STOCKHOLM À PÉKIN : L'ODYSSÉE D'UNE IDÉE SUÉDOISE
  4. LA TRILOGIE DU SAMEDI : QUAND M6 ÉTAIT UN VAISSEAU-MONDE