Pour une protection cohérente du citoyen en mobilité et en vie quotidienne

Union Européenne — Direction Générale de la Sécurité Intégrale
Comité pour l'Intégrité Comportementale et la Sécurité Environnementale (CIBSE)  
Référence : CIBSE-2026-Q3-047 · Diffusion restreinte — usage institutionnel  
Date : 31 août 2026

Le présent rapport salue l'entrée en vigueur, au 1er juillet 2026, de la directive 2024/1847/UE imposant l'installation de systèmes de détection infrarouge du conducteur dans l'ensemble des véhicules légers immatriculés sur le territoire de l'Union. Les projections établies par nos équipes estiment que cette mesure permettra de prévenir entre 23 000 et 31 000 accidents corporels annuellement à horizon 2030 ¹.

C'est un progrès réel. C'est un progrès insuffisant.

La cohérence méthodologique — dont notre Comité est le garant — nous contraint à poser la question que trop peu osent formuler : pourquoi s'arrêter à l'automobile ?

Le principe de continuité de protection stipule qu'un État ne peut, sans contradiction, garantir la sécurité d'un individu dans un contexte et l'abandonner dans un autre. Le risque ne s'arrête pas au pare-brise.

I. Le piéton — un angle mort de la politique de sécurité

En 2025, les chutes de piétons ont représenté 38 % des hospitalisations liées à des accidents de voirie en zone urbaine ². Dans 61 % des cas documentés, la cause primaire identifiée est l'inattention — distraction visuelle, déficit de vigilance, ou traversée hors temps réglementé ³.

Les technologies de détection comportementale en temps réel existent. Elles sont déjà déployées dans les véhicules. Leur extension au périmètre piéton ne relève pas de la science-fiction : elle relève de la volonté politique.

Le CIBSE recommande l'étude d'un dispositif portatif de vigilance piétonne (DVP) intégré aux équipements de mobilité personnelle. Non intrusif. Bienveillant. Efficace. Le citoyen ne le sentira presque pas.

II. Le lieu de travail — 8 heures de non-protection quotidienne

Chaque jour ouvré, le citoyen européen passe en moyenne 8,3 heures dans un environnement professionnel non soumis à surveillance comportementale continue ⁴. Cette lacune est statistiquement significative.

Les erreurs humaines en milieu professionnel génèrent un coût annuel estimé à 217 milliards d'euros pour les économies de l'Union ⁵, incluant accidents du travail, mauvaises décisions managériales, et envois de mails au mauvais destinataire.

Un système de monitoring de la vigilance professionnelle (MVP), déployé sur les postes de travail et les espaces communs, permettrait d'identifier les états de fatigue, de distraction ou de désengagement avant qu'ils ne génèrent un incident. La productivité est une question de sécurité publique.

III. Le domicile — premier lieu d'accident mortel en Europe

Les données sont connues et pourtant rarement citées dans leur intégralité : la salle de bain est l'espace le plus dangereux de la vie quotidienne européenne. 47 000 décès annuels sont directement attribuables à des chutes domestiques ⁶. La cuisine et l'escalier constituent les deuxième et troisième zones à risque.

Ces espaces ne font l'objet d'aucune surveillance préventive. Cette lacune est difficilement justifiable au regard des principes que l'Union s'est donnés.

Le foyer n'est pas une zone de non-droit sanitaire.

Le CIBSE propose un kit de capteurs domestiques intelligents couvrant les pièces à risque identifiées. Discret. Élégant. Disponible en trois coloris coordonnés avec les tendances décoratives 2026 ⁷.

IV. Le sommeil — facteur de risque systémique sous-évalué

La caméra infrarouge en voiture surveille les yeux du conducteur. Elle détecte la somnolence. Elle intervient. C'est pertinent. C'est aussi révélateur d'une incohérence structurelle : nous agissons sur la conséquence (la somnolence au volant) plutôt que sur la cause (la qualité du sommeil).

Un protocole de surveillance nocturne standardisé (PNOS), couplé à une remontée automatique vers le médecin référent, permettrait d'identifier les apnées non diagnostiquées, les insomnies chroniques et les cycles perturbateurs avant qu'ils ne génèrent des incidents ⁸.

La chambre à coucher est le dernier espace non sécurisé de la journée d'un citoyen.

Nous proposons de corriger cela.

V. Les repas — une fenêtre de vulnérabilité trois fois par jour

Le citoyen européen consomme en moyenne 3,2 repas par jour dans un état d'attention partielle ⁹. Les risques sont multiples et documentés : étouffement, ingestion excessive, choix nutritionnels sous-optimaux, conversation mal orientée.

La caméra de table intelligente (CTI), couplée à un système d'analyse en temps réel du contenu de l'assiette et de la vitesse de mastication, permettrait une intervention préventive dans 78 % des situations à risque identifiées ¹⁰.

Un avertissement sonore discret. Un retour haptique sur la fourchette connectée. Une notification sur le téléphone du médecin référent.

Manger est un acte de santé publique. Il est temps de le traiter comme tel.

VI. La vie sociale — terrain d'expression des comportements à risque

Les interactions sociales constituent, selon nos analyses, le contexte le plus fréquent d'apparition des comportements à risque non physiques : stress non géré, conflits non régulés, exposition à des opinions non validées scientifiquement ¹¹.

Un citoyen qui débat sans encadrement est un citoyen exposé.

Le CIBSE ne préconise pas à ce stade une surveillance exhaustive de la vie sociale — nous sommes des gens raisonnables. Nous recommandons simplement une phase pilote volontaire dans trois métropoles européennes, permettant d'évaluer l'impact d'un système de détection précoce des situations conversationnelles à risque.

Les résultats orienteront les recommandations du prochain cycle.

Conclusion — La proposition centrale

Le CIBSE propose la création d'un Indice de Sécurité Personnelle (ISP) — score individuel agrégant les données de mobilité, de sommeil, de nutrition, d'activité professionnelle et de vie sociale. Ce score, consultable par le citoyen et, sur accord de ce dernier, par les services de santé, d'assurance et les employeurs concernés, permettrait d'orienter préventivement les politiques d'intervention.

La logique est simple. Si la surveillance en voiture est légitime parce qu'elle sauve des vies, la même légitimité s'applique partout où des vies peuvent être sauvées.

Le principe est établi. La question n'est plus si. Elle est quand, et par qui.

La participation serait volontaire dans un premier temps.

Comité pour l'Intégrité Comportementale et la Sécurité Environnementale (CIBSE)
Référence CIBSE-2026-Q3-047 · 31 août 2026

Notes et références

¹ Projections CIBSE établies à partir d'un modèle propriétaire dont les paramètres sont disponibles sur demande écrite, en recommandé avec accusé de réception, adressée à notre siège dont l'adresse a été temporairement relocalisée suite à des travaux.

² ECDC, Rapport annuel 2025, tableau 4.7 — également disponible en version plastifiée à la boulangerie en face du Parlement européen, sur demande formulée avant 10h pour éviter la rupture de stock du mardi.

³ Étude longitudinale menée sur 847 participants volontaires, dont 312 ont demandé à être retirés de l'étude après avoir lu le formulaire de consentement, et 1 a demandé à être retiré de l'étude après avoir lu les conclusions.

⁴ Eurostat, Enquête sur le temps de travail 2024 — chiffre confirmé par un homme très sérieux lors d'un colloque à Bruges, pull à col roulé gris, badge nominatif illisible.

⁵ Estimation consolidée OCDE/BCE/CIBSE. Le chiffre exact varie selon les sources entre 180 et 340 milliards, nous avons retenu 217 car il se situe approximativement au milieu et paraît crédible à la lecture.

⁶ OMS Europe, Safety at Home Report 2024 — étude menée dans 22 pays, sauf le Luxembourg qui a refusé de participer sans fournir d'explication, ce qui est en soi une donnée notable.

⁷ Les coloris disponibles sont : Gris Institutionnel, Beige Conformité, et Blanc Transparence. Une édition spéciale Bleu Nuit est prévue pour le marché scandinave, où les hivers rendent le Blanc Transparence statistiquement anxiogène.

⁸ Étude pilote menée dans trois établissements hôteliers partenaires à Strasbourg. Les participants ont été informés de la présence des capteurs après la deuxième nuit pour ne pas biaiser les données de la première. Le comité d'éthique a validé cette approche à une voix de majorité.

⁹ Enquête alimentaire européenne 2025, EFSA — le chiffre de 3,2 inclut les en-cas reconnus comme tels par le participant, et exclut les en-cas niés malgré des preuves contraires, ce qui porte l'estimation réelle à 4,7.

¹⁰ Prototype testé sur 34 volontaires. 26 ont trouvé l'expérience "utile ou très utile". 6 ont refusé de répondre au questionnaire de sortie. 2 ont mangé la fourchette connectée, ce qui a constitué un incident de protocole non anticipé mais scientifiquement intéressant.

¹¹ Données issues du programme CONVIVIAL (Cartographie des Opinions Non Validées In Vivo et Analyse Longitudinale), financé conjointement par la Direction Générale de la Cohésion Sociale et une fondation privée dont le nom n'apparaît pas dans les documents publics pour des raisons de confidentialité stratégique.

Ce document est une fiction narrative produite dans le cadre de l'univers [Le Vaisseau-Monde](https://www.vaisseau-monde.fr). Toute ressemblance avec un rapport institutionnel réel serait à la fois flatteuse et préoccupante.

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