Mission to Mars (2000) vs. Seul sur Mars (2015)

 

Mission to Mars
Mission to Mars (2000)

MARS, DEUX FOIS. DEUX UNIVERS. UN SEUL RESCAPÉ.  

— Le duel que personne n'a demandé mais dont on avait besoin


Il y a deux façons d'aller sur Mars au cinéma.

La première : tu arrives comme un pionnier silencieux dans un film qui respire l'espace comme une menace tranquille. La bande-son te murmure que tu n'es rien face à ce désert rouge. Tu ressens le froid. Le silence. La mort qui rôde à deux pas.


La deuxième : Matt Damon fait une blague pendant qu'il plante des patates.

 


Je vais être honnête avec vous — et avec moi-même. J'ai adoré Mission to Mars. Film de 2000, Brian De Palma aux commandes, quasiment ignoré à sa sortie, moqué depuis. Et pourtant. Ce film m'a fait ressentir quelque chose que très peu de SF ont réussi depuis : l'émerveillement pur. Cette séquence finale. Cette rencontre. Cette musique d'Ennio Morricone qui te prend par la gorge et te dit voilà, c'est ça, l'espace, c'est ça, l'humanité. Si je devais partir sur un vaisseau-monde avec un seul film dans les archives — un seul — c'est Mission to Mars que j'embarque.

Seul sur Mars, lui, aurait dû être le chef-d'œuvre.

Mars. L'isolement. La survie. Le huis clos spatial. Tout était là. Le terrain de jeu parfait pour quelque chose d'oppressant, d'humain, de viscéral. Et à la place on a... un camp de vacances avec de la disco. Matt Damon qui vanne entre deux séquences de jardinage. Un ton résolument Disney qui neutralise chaque moment de tension avant même qu'il puisse exister.

Attendez. Ridley Scott ? Le Ridley Scott ? L'homme qui a mis un xénomorphe dans les couloirs d'un vaisseau spatial et nous a tous traumatisés pour la vie ? L'homme de Blade Runner, de Gladiator, de Black Hawk Down ? Cet homme-là a regardé le scénario de Seul sur Mars et s'est dit ouais, c'est ça, allons-y, light et drôle ?

Il y a une leçon là-dedans que je tourne dans ma tête souvent, depuis le Vaisseau-Monde. Mission to Mars est sorti en 2000, décrié, incompris, trop mystique pour son époque, trop lent, trop ambitieux. Il voulait parler de l'origine de l'humanité et des étoiles comme d'une maison perdue. Personne ne voulait entendre ça. Le box-office a parlé.

Seul sur Mars sort en 2015. Il est calibré pour plaire. Il est intelligent sans être dérangeant. Il est émouvant sans être douloureux. Il gagne des Oscars. Il rapporte 630 millions de dollars.

Affiche Mission to Mars

Et pourtant. Dans les archives du Vaisseau-Monde — celles qu'on conserve pour dans mille ans, pour ceux qui auront oublié ce qu'était la Terre — c'est Mission to Mars qui mérite sa place. Pas parce qu'il est parfait. Mais parce qu'il ose. Parce qu'il a la foi en quelque chose de grand et qu'il le dit, maladroitement, sincèrement, les yeux levés vers le ciel.

L'espace n'est pas une blague. Mars n'est pas un camp de vacances.

Et parfois les films qu'on oublie sont exactement ceux dont on avait besoin.

 

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