Il existe un monde où les gens vivent à la fois sur terre et sous terre.
Un monde où le ciel est irradié, où l'eau brûle la gorge, où chaque souffle peut être le dernier. Mais un monde où, malgré tout, la radio continue de jouer des chansons joyeuses.
Ce monde, c'est la Terre. Ou plutôt... ce qu'il en restait.
Avant la Grande Guerre, les Terriens vivaient dans l'abondance. Des voitures à fusion nucléaire. Des robots domestiques. Des publicités qui promettaient un avenir radieux. Tout fonctionnait à l'atome. L'énergie était infinie, disaient-ils. Le progrès, inévitable.
Ils avaient des gratte-ciels, des usines, des familles souriantes dans des maisons parfaites. Et partout, ce symbole : un petit bonhomme blond qui levait le pouce en souriant. Comme si tout allait bien. Comme si tout allait toujours bien aller.
Mais sous cette façade, ils se préparaient au pire.
Ils creusaient.
Des abris souterrains. Des centaines. Ils les appelaient des "Vaults". Des refuges pour survivre à l'impensable. Vault-Tec, la compagnie qui les construisait, promettait la sécurité. Un avenir sous terre en attendant que la surface redevienne vivable.
Ce qu'ils ne disaient pas, c'est que certains de ces abris... n'étaient pas faits pour sauver les gens.
Mais ça, c'est une autre archive.
La Grande Guerre a duré deux heures.
Deux heures. Des milliers d'ogives nucléaires. Et puis plus rien.
Les villes, effacées. Les nations, volatilisées. Des millions de morts en un instant. Des millions d'autres condamnés à mourir lentement, irradiés, affamés, oubliés.
Ceux qui ont survécu ont trouvé refuge dans les Vaults. Sous terre. À l'abri des flammes et des retombées. Ils y sont restés des décennies. Certains, des siècles.
Et quand les portes se sont enfin ouvertes, ce qu'ils ont découvert dehors n'avait plus rien à voir avec le monde qu'ils avaient connu.
La surface était devenue un désert. Des ruines à perte de vue. Des créatures mutantes qui chassent dans les décombres. Des humains transformés par les radiations — certains fous, d'autres étrangement sages.
Et au milieu de tout ça, des survivants qui reconstruisent. Qui s'organisent. Qui s'entretuent, parfois, pour des ressources.
Leur monnaie ? Des capsules de bouteilles. Oui. Des bouchons métalliques. C'est devenu leur or.
Et le plus étrange ? Ils continuent d'écouter la radio. Les mêmes chansons d'avant-guerre. Des voix joyeuses qui parlent d'amour et de beaux jours, pendant qu'à l'extérieur, le monde n'est plus que cendres.
Comme si la musique leur rappelait que quelque chose de beau a existé, un jour.
Voilà ce que contenait cette archive.
Un monde qui avait tout. L'énergie, la technologie, l'avenir. Et qui a tout détruit. En deux heures.
Qui a archivé ça ? Je l'ignore.
Peut-être quelqu'un qui voulait qu'on se souvienne. Peut-être quelqu'un qui voulait qu'on comprenne pourquoi nos ancêtres ont choisi de partir. De tout quitter. De construire ce Vaisseau plutôt que de rester sur une planète capable de s'autodétruire.
Ou peut-être que cette archive n'a plus aucune valeur. Un vestige inutile d'un monde qui n'existe plus.
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